vendredi 8 novembre 2013

FAURE GNASSINGBE INVITE EN FRANCE DU 13 AU 15 NOVEMBRE 2013



  REFORMES AU TOGO  ET  COOPERATION RENFORCEE AVEC LA FRANCE
Après une première rencontre en septembre 2012 à New York, en marge des travaux de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président français François Hollande accueille à l’Elysée le Chef de l’Etat togolais, Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé. Un an plus tôt, les deux chefs d’Etat avaient mis à profit leur tête-à-tête à New-York, épicentre de la diplomatie  multilatérale, pour échanger  longuement sur l’état du monde. La situation au Sahel et en particulier la crise malienne ainsi que la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime avaient été au cœur  de leurs préoccupations.
La visite du Président Faure Gnassingbé à l’Elysée en ce mois de novembre 2013,  se situe dans le prolongement naturel de cette première rencontre et vient ainsi consacrer une nouvelle étape dans le développement des liens séculaires qui unissent  le Togo à la France.
Cette visite intervient dans un contexte particulier.
En effet les réformes lancées depuis 2005 au Togo se poursuivent à un rythme soutenu. Elles portent déjà des fruits notamment dans le domaine de la gouvernance politique et économique.
Le passage du Président togolais à l’Elysée a également pour toile de fond, la bonne santé des relations de coopération entre la France et le Togo . Jamais totalement rompues, même aux heures les plus difficiles de la crise socio-politique que le Togo a connue au début des années 90, la coopération entre les deux pays est aujourd’hui au beau fixe.

TOGO, UN PAYS EN PLEINE REFORME
Le succès des élections législatives du 25 juillet 2013, organisées dans un climat consensuel et de totale transparence  est sans doute l’une des manifestations les plus récentes de l’évolution positive  que connaît  le chantier de la démocratie au   Togo.
Amorcées depuis 2005, les réformes ont permis d’apaiser le climat politique, d’ouvrir le jeu politique et de faire rentrer le Togo dans une ère d’élections apaisées.
L’apaisement du climat politique est le fruit du processus de réconciliation nationale qui a pris un tournant décisif avec la création le 29 mai 2009 d’une Commission Vérité Justice et Réconciliation. Le Président Faure Gnassingbé avait donné d’énormes chances de succès à cette Commission en portant à sa tête un prélat, Mgr Barrigah, évêque d’Atakpamé.
Fait chevalier  de la Légion d’honneur en octobre 2013 pour le rôle éminent joué dans le processus de réconciliation nationale, Mgr Barrigah a mis ses qualités d’homme d’église et de diplomate au service d’une institution qui a sillonné tout le Togo pour panser les cœurs des victimes des violences  à caractère politique et des violations des droits de l’homme que le Togo a connues entre 1958 et 2005.
Aujourd’hui, la mise en œuvre des recommandations formulées par la CVJR suit activement son cours. En aout 2013, le Ministère des  droits de l’homme a été nommément  chargé, lors de la formation d’un nouveau gouvernement, de veiller à la mise en œuvre effective des recommandations qui sont contenues dans son rapport final.
L’apaisement politique dont jouit aujourd’hui le pays, n’aurait pas été possible sans une politique active de « main tendue » visant à transcender les clivages politiques pour mobiliser tous les Togolais dans l’œuvre de réconciliation et de reconstruction nationale.
L’ouverture politique amorcée en 2005 a pris un relief particulier en 2010,  notamment avec la signature d’un accord de gouvernement qui a permis au principal parti d’opposition, l’Union des forces de changement(UFC) ainsi qu’à d’autres formations politiques de faire leur entrée au Gouvernement.
L’ouverture politique s’est également manifestée par une série de réformes institutionnelles engagées dans le droit fil de l’Accord politique global(APG) signé en 2006. Cet accord  avait jeté les bases d’une refondation profonde de la vie politique au Togo.
Les grandes institutions de la République ont été ou sont en voie de réaménagement pour permettre aux représentants des différents courants de la vie politique d’y siéger et d’y faire valoir la diversité des opinions.
Il en va ainsi de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, de la Commission nationale des droits de l’homme, de la Cour constitutionnelle, etc, etc.
Dans sa déclaration de politique générale présentée devant
L’Assemblée nationale en septembre 2013, le Premier ministre togolais Monsieur Séléagodji Ahoomey-Zunu avait réitéré la ferme volonté du Gouvernement de poursuivre et de parachever les réformes institutionnelles et constitutionnelles nécessaires à l’ancrage de la démocratie et de l’Etat de droit au Togo.

En matière électorale, le Togo  a organisé depuis 2007,  avec un succès unanimement reconnu, trois scrutins de grande envergure. Il s’agit des élections législatives de 2007, de l’élection présidentielle de 2010 et des élections législatives de 2013.
Ces trois grands rendez-vous électoraux se sont déroulés sans violence et dans un  climat consensuel même si certaines formations usent systématiquement de leur droit de contester les résultats. Ce droit s’exerce au demeurant dans l’indifférence générale.
Mais d’année en année, la machine électorale s’est de l’avis général affinée au Togo. Le code électoral est constamment réaménagé au lendemain de chaque scrutin, notamment pour tenir compte des recommandations des missions électorales.
Un nouveau découpage électoral a même été acté en 2013.
Au total le Togo est entré depuis 2007 dans une ère d’élections apaisées qui créé un climat propice à la poursuite des efforts de relance économique.
Le train des réformes économiques a parallèlement permis de changer radicalement  les schémas de la gouvernance. Les efforts d’assainissement de l’économie ont été couronnés par l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés(PPTE) en décembre 2010.
Depuis lors, le Togo a regagné la confiance des bailleurs de fonds et a accéléré dans la foulée son programme de relance économique. La stratégie accélérée de croissance pour l’emploi(SCAPE) qui en est le nouveau cadre met un accent tout particulier sur l’émergence économique qui s’appuie sur divers projets structurants notamment dans le domaine des infrastructures. Elle accorde également une place importante à la santé, l’éducation, à l’accès à l’eau potable et l’assainissement, autant de domaines dans lesquels, le partenariat avec la France a contribué à la réalisation de projets concrets au profit des populations togolaises.

FRANCE TOGO, 50 ANS DE COOPERATION AGISSANTE
Les réformes politiques et économiques en cours au Togo ont eu le don de rassurer les partenaires au développement dont la plupart avaient pris leur distance en raison des incertitudes que créait un processus de démocratisation particulièrement difficile.
La France qui n’avait jamais rompu complètement a été la première à reprendre sa coopération avec le Togo. Les deux pays sont donc engagés dans un partenariat traditionnel qui a surmonté l’épreuve du temps.
Au moment où le Président Faure Gnassingbé rencontre le Président François Hollande à l’Elysée, la coopération franco-togolaise vient de franchir tout juste le cap symbolique des  cinquante années. C’est en effet le 10 juillet 1963 que le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République togolaise ont signé leurs tout premiers accords de coopération.
 Cette  coopération qui s’est diversifiée au fil des ans s’effectue aujourd’hui le long de trois axes majeurs : la défense et la sécurité, l’appui au développement et le social.
Coopération en matière de défense et de sécurité
En mars 2009, le Togo a été le tout premier pays africain à réviser son accord de défense avec la France, conformément aux nouvelles orientations définies par Paris. Désormais, les relations entre les deux pays dans le domaine de la défense sont guidées par les principes de base que sont la transparence, la réciprocité, la concertation, le respect mutuel et la sécurité collective.
C’est à travers ce  cadre rénové et  adapté au nouveau contexte international que le Togo et la France effectuent périodiquement des exercices mutuels d’entrainement à la manœuvre dans les eaux togolaises ainsi que des échanges d’expériences professionnelles. Le dernier exemple de ce type de manœuvres remonte à septembre 2013, lors de l’escale de la frégate de surveillance Germinal dans le port de Lomé.
Des exercices de simulation de lutte contre la piraterie maritime ont été également menés au large des côtes togolaises en mars 2013, lors de l’escale du bâtiment de protection et de commandement le Mistral.
La lutte contre le trafic des stupéfiants est devenue ces dernières un domaine de prédilection pour la coopération entre la France et le Togo.
Le service de sécurité de l’Ambassade de France au Togo s’est ainsi beaucoup investi pour le renforcement des capacités des gendarmes, policiers, douaniers et autres auxiliaires  de  justice togolais, en matière de conduite des auditions des trafiquants présumés.
Compte tenu des proportions importantes que prend la cybercriminalité, la Cellule cybercriminalité de la Direction centrale de la Police judiciaire bénéficie régulièrement de modules de formation dispensés par des experts français.
Coopération au développement
La coopération au développement a pour principal canal d’intervention l’Agence française de développement.
Aujourd’hui l’AFD intervient au Togo par délégation de fonds de l’Union européenne à travers le programme d’aménagement urbain du Togo (PAUT) qui vise à assainir les quartiers Est de la ville de Lomé, déclarés zones vulnérables en raison des fréquentes inondations qui y sont enregistrées.
L’AFD a subventionné le PAUT à hauteur de 8,5 milliards de FCFA (13 millions d’euros) notamment pour la lutte contre les inondations et la gestion des déchets solides.
Par ailleurs L’AFD a subventionné grâce à une convention signée en août 2011 l’exécution du programme de développement communautaire des quartiers vulnérables urbains et périurbains  de Lomé à hauteur de 3,3 milliards de FCFA (cinq millions d’euros). Ce programme vise à améliorer les conditions de vie des habitants de ces quartiers et à faciliter leur accès aux services essentiels.
Démarré en 2007, sur un financement de l’Union européenne d’un montant total de 13,9 milliards de FCFA, le Programme d’aménagement urbain du Togo connaît un franc succès.
Une convention de financement pour le démarrage de la seconde phase a été signée en 2013 et devra permettre de mobiliser 28,3 milliards de FCFA soit 43 millions d’euros.
En 2009, l’AFD a bénéficié d’une délégation de fonds de l’Union européenne pour la mise en œuvre du programme d’appui à la sécurisation des élections présidentielles de 2010 au Togo pour un montant total de 3,5 millions d’euros.
Globalement l’aide publique au développement de (APD) accordée par la France au Togo en 2012 s’élève à 28,56 millions de USD, soit 6,56% de l’aide totale octroyée au Togo. Ce qui place la France au 6e rang du classement des principaux partenaires au développement. Il s’agit par ordre d’importance de la Chine, la CEDEAO, la Banque mondiale, le système des nations Unies, l’Union européenne, la France, le Groupe de la Banque africaine de développement, les ONG internationales, la Banque islamique de développement et les Etats Unis d’Amérique.
Il faut noter que l’aide française au développement prend généralement la forme de dons de l’AFD qui s’élèvent à 27,406 millions USD pour 2012 alors que la Chine et la BIDC par exemple interviennent en priorité à travers les prêts concessionnels.
Autre détail important, l’AFD a accordé au Togo en 2012 un Appui global budgétaire de 0,60 millions USD, ce qui dénote de la confiance qui règne entre les deux partenaires.
Au-delà de l’Aide publique au développement, il faut signaler que depuis 1996, la France appuie la société civile togolaise à travers le Fonds Social de Développement  devenu Fonds d’appui aux sociétés civiles du Sud (FASCS).
Ainsi de 1996 à 2011 plus environ 5 milliards de FCFA soit 8,31 millions d’euros ont été mobilisés pour promouvoir des initiatives locales et innovantes portées par les acteurs de la société civile.
La visite du Président Faure Gnassingbé à l’Elysée intervient donc dans un climat favorable qui devrait permettre aux deux pays d’intensifier leurs relations bilatérales et d’approfondir une large panoplie de liens tissés par l’histoire.

jeudi 7 novembre 2013

TOGO EDUCATION: DISCUTER SANS DISPUTER




Devant le risque de dérapages dus à la grève des enseignants, le gouvernement a été contraint de fermer provisoirement les établissements scolaires .C’est une mesure provisoire et exceptionnelle qui ne peut être prorogée. C’est donc une dernière occasion pour que chacun mesure l’étendue de ses responsabilités.
Le conflit porte sur la revalorisation du traitement des enseignants. Le gouvernement a  conscience que le métier d’enseignant est difficile et qu’il mérite toutes les attentions. Il a montré sa bonne volonté en accordant aux instituteurs et aux professeurs une prime unique d’un montant global de plus de 3 milliards. Mais  les syndicats réclament des primes d’éloignement et de logement qui représentent un montant de près de 26 milliards. Cette  demande est impossible à satisfaire compte tenu des contraintes budgétaires qui pèsent sur le Togo.
Dans ces circonstances, une seule considération doit inspirer les partenaires pour trouver une solution : l’intérêt des jeunes qui ne doivent pas voir leur formation compromise.

La continuité du service public éducatif est la règle majeure qui doit ramener chacun à la raison,

Les discussions doivent se poursuivre dans la sérénité et hors de la pression. Il faut discuter raisonnablement sans disputer ou paralyser.

Koffi Souza

mardi 5 novembre 2013

LE SUCCES DE LA LIBERATION DES OTAGES ET LE DRAME DE RFI

LE SUCCES DE LA LIBERATION DES OTAGES ET LE DRAME DE RFI


I-UNE NOUVELLE FRANCAFRIQUE ?

  La libération des quatre otages français enlevés au Niger et détenus depuis trois ans apparait comme une éclaircie alors que le ciel de l’exécutif français est chargé de nuages. Deux violents orages viennent en effet de le frapper. Après avoir  annoncé une taxation globale sur les produits de l’épargne, il a dû reculer comme il a du suspendre l’application de l’écotaxe sur tout le territoire.
On commençait à imaginer le pire pour le couple exécutif quand l’horizon s’est soudainement découvert avec la libération des otages.
Cette libération est un grand succès. Elle a exigé bien entendu l’utilisation d’une panoplie de moyens.
Il a fallu une parfaite collaboration entre la France et le Niger facilitée par l’étroite amitié entre les présidents Issoufou et Hollande.
Il a également été nécessaire que la France montre les dents aux rebelles en engageant dans leurs fiefs une importante opération militaire.
La collecte des renseignements ? leur traitement et leur transformation en actions ont joué également un rôle essentiel.
Il a fallu enfin faire appel à ces intermédiaires nombreux dans ce type de dossiers ou se mêlent des semi-rebelles, des marchands d’illusions et des commerçants de la prise d’otages.

On insistera ici ou là sur l’importance de tel facteur par rapport à tel autre et sur l’opportunité des moyens employés.
L’essentiel est que la mayonnaise a pris et que le résultat est positif au final. Il faut souhaiter que le même succès couronne la libération des autres otages. Mais il ne faut pas se faire d’illusions     : une zone d’instabilité s’est ouverte dans le front sahélien et les pays africains n’ont pas les moyens militaires pour faire face à ce défi. La France est la seule disposant de forces opérationnelles capables de contenir puis de réduire les forces hostiles portées par des idéologies extrémistes ou par la recherche de moyens financiers.
Or, la marge politique du gouvernement français est très étroite.
La France avait annoncé un peu trop tôt son retrait militaire en Afrique. Or son action est plus que jamais nécessaire en attendant le renforcement des forces interafricaines.
Il faut donc convaincre l’opinion publique française de la  nécessité de cet appui militaire aux gouvernements locaux
S’y ajoute un problème financier : c’est juste au moment où la France cherche pour des raisons budgétaires à réduire la charge de son armée qu’elle doit s’engager dans de vastes opérations coûteuses.
Et c’est un étrange paradoxe que de voir qu’il revient à une majorité  socialiste qui souhaitait se dégager de la francafrique de renforcer la présence militaire française en Afrique.
II-UN CRIME ODIEUX
L’horrible nouvelle de l’assassinat de deux journalistes de RFI vient d’être annoncée alors que l’on n’avait pas fini de se réjouir de la libération des quatre otages.
Ghislaine Dupont et Claude Verlon "ont été assassinés froidement. L'un a reçu deux balles, l'autre trois balles", a déclaré le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius.
Il a indiqué que les deux journalistes avaient été enlevés "par un petit commando" devant le domicile d'un responsable touareg qu'ils venaient d'interviewer. Leurs corps ont ensuite été retrouvés, moins de deux heures après le rapt, à 12 km de Kidal, par une patrouille française qui avait été alertée.
Tout assassinat remplit d’horreur .Mais, lorsqu’il touche des journalistes, il a un sens encore plus profond.
Le journaliste remplit une fonction essentielle dans une démocratie .Il  traque la vérité afin de la rendre accessible au plus grand nombre. C’est pourquoi il n’y  pas de démocratie sans presse libre et sans journalistes indépendants. Les ennemis des journalistes sont des barbares qui ne veulent pas que la vérité soit dite .Les terroristes qui se disputent le contrôle du Sahel rêvent d’un obscurantisme rétrograde qui doit être combattu sans relâche.
L’odieux assassinat des journalistes sonne comme un avertissement à tous ceux qui seraient prêts à pactiser avec le diable terroriste.
Le sacrifice de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon est un  lourd tribut versé par la profession à la cause de la vérité et de la tolérance.
Que leur abnégation au service de leur noble vocation renforce encore davantage la détermination dans la lutte contre le terrorisme.

Charles Debbasch