jeudi 14 novembre 2013

TOGO-FRANCE : UNE RELATION APAISEE
 DANS UNE AFRIQUE DESTABILISEE
 
 
 
Les relations entre la France et le Togo sont au beau fixe et c’est dans ce contexte apaisé que se déroule la visite officielle de Faure Gnassingbé en France à l’invitation de François Hollande
.Les réformes politiques et économiques en cours au Togo ont rassuré les partenaires au développement dont la plupart avaient pris leur distance en raison des incertitudes que créait un processus de démocratisation particulièrement difficile.
La France qui n’avait jamais rompu complètement a été la première à reprendre sa coopération avec le Togo.
Au moment où le Président Faure Gnassingbé rencontre le Président François Hollande à l’Elysée, la coopération franco-togolaise vient de franchir tout juste le cap symbolique des  cinquante années. C’est en effet le 10 juillet 1963 que le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République togolaise ont signé leurs tout premiers accords de coopération.
 Cette  coopération qui s’est diversifiée au fil des ans s’effectue aujourd’hui le long de trois axes majeurs, l’appui au développement et le social, la défense et la sécurité.
PROGRES DEMOCRATIQUES AU TOGO
Les progrès démocratiques du Togo ont rouvert les portes d’une coopération franche et sereine entre les deux Etats amis
Le succès des élections législatives du 25 juillet 2013, organisées dans un climat consensuel et de totale transparence  est sans doute l’une des manifestations les plus récentes de l’évolution positive  que connaît  la démocratie au   Togo.
L’apaisement du climat politique est le fruit du processus de réconciliation nationale qui a pris un tournant décisif avec la création le 29 mai 2009 d’une Commission Vérité Justice et Réconciliation. Le Président Faure Gnassingbé avait donné d’énormes chances de succès à cette Commission en portant à sa tête un prélat, Mgr Barrigah, évêque d’Atakpamé.
Aujourd’hui, la mise en œuvre des recommandations formulées par la CVJR suit activement son cours. En aout 2013, le Ministère des  droits de l’homme a été nommément  chargé, lors de la formation d’un nouveau gouvernement, de veiller à la mise en œuvre effective des recommandations qui sont contenues dans son rapport final.
L’apaisement politique dont jouit aujourd’hui le pays, n’aurait pas été possible sans une politique active de « main tendue » visant à transcender les clivages politiques pour mobiliser tous les Togolais dans l’œuvre de réconciliation et de reconstruction nationale.
L’ouverture politique amorcée en 2005 a pris un relief particulier en 2010,  notamment avec la signature d’un accord de gouvernement qui a permis au principal parti d’opposition, l’Union des forces de changement(UFC) ainsi qu’à d’autres formations politiques de faire leur entrée au Gouvernement.
L’ouverture politique s’est également manifestée par une série de réformes institutionnelles engagées dans le droit fil de l’Accord politique global(APG) signé en 2006. Cet accord  avait jeté les bases d’une refondation profonde de la vie politique au Togo.
Les grandes institutions de la République ont été ou sont en voie de réaménagement pour permettre aux représentants des différents courants de la vie politique d’y siéger et d’y faire valoir la diversité des opinions.
Il en va ainsi de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, de la Commission nationale des droits de l’homme, de la Cour constitutionnelle, etc., etc.
Dans sa déclaration de politique générale présentée devant l’Assemblée nationale en septembre 2013, le Premier ministre togolais Monsieur Séléagodji Ahoomey-Zunu a réitéré la ferme volonté du Gouvernement de poursuivre et de parachever les réformes institutionnelles et constitutionnelles nécessaires à l’ancrage de la démocratie et de l’Etat de droit au Togo.
 
En matière électorale, le Togo  a organisé depuis 2007,  avec un succès unanimement reconnu, trois scrutins de grande envergure. Il s’agit des élections législatives de 2007, de l’élection présidentielle de 2010 et des élections législatives de 2013.
Ces trois grands rendez-vous électoraux se sont déroulés sans violence et dans un  climat consensuel même si certaines formations usent systématiquement de leur droit de contester les résultats. Ce droit s’exerce au demeurant dans l’indifférence générale.
Le Togo est entrée depuis 2007 dans une ère d’élections apaisées qui développe un climat propice à la poursuite de la coopération franco-togolaise.
LES RELATIONS ECONOMIQUES  TOGO FRANCE
La France est l’un des principaux partenaires commerciaux du Togo.
Les exportations françaises se concentrent sur les catégories de produits suivantes : produits pharmaceutiques, produits pétroliers raffinés et coke, équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique, produits des industries agroalimentaires, matériels de transport, produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture. En 2011, les exportations de la France ont progressé de 3,6%.
Les importations, bien qu’en progression notoire (+29,4% en 2011avec un montant total de 23,041 M €), restent à un niveau très faible. Depuis quelques années déjà la progression est due essentiellement aux produits agricoles et aux produits des industries agroalimentaires.
Une vingtaine de filiales de sociétés françaises ainsi que plusieurs entreprises à intérêts français sont présentes sur le territoire togolais - en particulier dans les secteurs bancaire, de l’hôtellerie, des transports et de la manutention portuaire, des hydrocarbures, du BTP, des communications et de l’agroalimentaire.
La France souhaite densifier ces relations économiques. Accor a obtenu de conserver l'exploitation de l'hôtel Mercure Sarakawa pendant une période transitoire de un an durant laquelle il renégocie les termes de son bail; Veritas et la Soget viennent de se voir confier la mise en place d'un guichet unique au port de Lomé; La Société Générale ouvrira prochainement une agence à Lomé.
LE DEVE LOPPEMENT DE LA COOPERATION
La France est le premier bailleur bilatéral du Togo. En 2008, à l’occasion de la visite du Secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet, a été signé le Document cadre de partenariat France-Togo (2008-2012). Sont privilégiés les secteurs de l’éducation, des infrastructures urbaines et de la

 
Santé, relevant des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Les actions de coopération conduites dans ces domaines sont essentiellement mises en œuvre par l’Agence Française de Développement. Des objectifs transversaux prioritaires sont également mis en œuvre par le MAEE : l’appui à la gouvernance, la promotion de la francophonie et de la diversité culturelle et le développement de la coopération de proximité.
La coopération au développement a pour principal canal d’intervention l’Agence française de développement.
Aujourd’hui l’AFD intervient au Togo par délégation de fonds de l’Union européenne à travers le programme d’aménagement urbain du Togo (PAUT) qui vise à assainir les quartiers Est de la ville de Lomé, déclarés zones vulnérables en raison des fréquentes inondations  qui y sont enregistrées.
L’AFD a subventionné le PAUT à hauteur de 8,5 milliards de FCFA (13 millions d’euros) notamment pour la lutte contre les inondations et la gestion des déchets solides.
Par ailleurs l’AFD a subventionné grâce à une convention signée en août 2011 l’exécution du programme de développement communautaire des quartiers vulnérables urbains et périurbains  de Lomé à hauteur de 3,3 milliards de FCFA (cinq millions d’euros). Ce programme vise à améliorer les conditions de vie des habitants de ces quartiers et à faciliter leur accès aux services essentiels.
Démarré en 2007, sur un financement de l’Union européenne d’un montant total de 13,9 milliards de FCFA, le Programme d’aménagement urbain du Togo connaît un franc succès.
Une convention de financement pour le démarrage de la seconde phase a été signée en 2013 et devra permettre de mobiliser 28,3 milliards de FCFA soit 43 millions d’euros.
En 2009, l’AFD a bénéficié d’une délégation de fonds de l’Union européenne pour la mise en œuvre du programme d’appui à la sécurisation des élections présidentielles de 2010 au Togo pour un montant total de 3,5 millions d’euros.
Globalement l’aide publique au développement de (APD) accordée par la France au Togo en 2012 s’élève à 28,56 millions d’USD, soit 6,56% de l’aide totale octroyée au Togo. Ce qui place la France au 6e rang du classement des principaux partenaires au développement. Il s’agit par ordre d’importance de la Chine, la CEDEAO, la Banque mondiale, le système des nations Unies, l’Union européenne, la France, le Groupe de la Banque africaine de développement, les ONG internationales, la Banque islamique de développement et les Etats Unis d’Amérique.
Il faut noter que l’aide française au développement prend généralement la forme de dons de l’AFD qui s’élèvent à 27,406 millions USD pour 2012 alors que la Chine et la BIDC par exemple interviennent en priorité à travers les prêts concessionnels.
Autre détail important, l’AFD a accordé au Togo en 2012 un Appui global budgétaire de 0,60 millions USD, ce qui dénote de la confiance qui règne entre les deux partenaires.
Au-delà de l’Aide publique au développement, il faut signaler que depuis 1996, la France appuie la société civile togolaise à travers le Fonds Social de Développement  devenu Fonds d’appui aux sociétés civiles du Sud (FASCS).
Ainsi de 1996 à 2011 plus environ 5 milliards de FCFA soit 8,31 millions d’euros ont été mobilisés pour promouvoir des initiatives locales et innovantes portées par les acteurs de la société civile.
LA  PRIORITE DE LA SECURITE ET DE LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME
La visite du Président Faure Gnassingbé à l’Elysée intervient  à un moment où l’Afrique est touchée par le terrorisme et la piraterie.
C’est l’occasion pour les partenaires de développer leur communauté de vues. Au cours des derniers mois, la sécurité régionale et continentale a été au cœur des relations entre les deux Etats, notamment avec l’intervention au Mali - où la diplomatie française a pu compter sur le soutien du Togo - mais aussi au Sahel, ou en RCA. Ce partenariat dans la lutte contre le terrorisme présent naturellement un intérêt pour l’Afrique occidentale au Sahel, première victime des actes terroristes, mais également pour l’Etat français qui cherche à stopper les groupes qui tenteraient de s’attaquer à l’Europe et la France.
Le Togo souhaite, par ailleurs, développer une stratégie maritime nationale de lutte contre la piraterie, avec l'appui de la France et s’intégrant dans un contexte régional. En mars 2009, le Togo a été le tout premier pays africain à réviser son accord de défense avec la France, conformément aux nouvelles orientations définies par Paris. Désormais, les relations entre les deux pays dans le domaine de la défense sont guidées par les principes de base que sont la transparence, la réciprocité, la concertation, le respect mutuel et la sécurité collective.
C’est à travers ce  cadre rénové et  adapté au nouveau contexte international que le Togo et la France effectuent périodiquement des exercices mutuels d’entrainement à la manœuvre dans les eaux togolaises ainsi que des échanges d’expériences professionnelles. Le dernier exemple de ce type de manœuvres remonte à septembre 2013, lors de l’escale de la frégate de surveillance Germinal dans le port de Lomé.
Des exercices de simulation de lutte contre la piraterie maritime ont été également menés au large des côtes togolaises en mars 2013, lors de l’escale du bâtiment de protection et de commandement le Mistral.
La lutte contre le trafic des stupéfiants est devenue ces dernières un domaine de prédilection pour la coopération entre la France et le Togo.
Le service de sécurité de l’Ambassade de France au Togo s’est ainsi beaucoup investi pour le renforcement des capacités des gendarmes, policiers, douaniers et autres auxiliaires  de  justice togolais, en matière de conduite des auditions des trafiquants présumés.
Compte tenu des proportions importantes que prend la cybercriminalité, la Cellule cybercriminalité de la Direction centrale de la Police judiciaire bénéficie régulièrement de modules de formation dispensés par des experts français.
Le Togo et la France, dans le cadre  de leur spécificité et de leurs in intérêts nationaux développent ainsi une coopération sereine dans une Afrique déstabilisée.
Koffi Souza
 
 
 
 

vendredi 8 novembre 2013

LES OBSCURANTISTES ET LE VOYAGE DE FAURE EN FRANCE



L'annonce de la prochaine visite du Président du Togo en France est en soi une bonne nouvelle. Mais comme il est de coutume au Togo, cette nouvelle suscite des commentaires et analyses surprenants.
Il est manifeste que beaucoup n'ont pas changé d'époque et envisagent encore qu'un Président africain a besoin de venir à Paris recevoir une quelconque imprimatur. Or tel n’est absolument pas la préoccupation du Président du Togo. D’ailleurs, le cadre de cette visite n’est pas exceptionnel. Le Ministre des Affaires Etrangères n’a pas organisé une communication spécifique pour faire cette annonce. Il a répondu à une question dans une interview pour dire que le Président Faure allait répondre favorablement à l'invitation de la France.
La qualité des relations entre Etats ne se mesure pas aux nombre de chaudes empoignades entre les dirigeants ou au nombre de rencontre. S'agissant des relations franco togolaises, je n'ai jamais compris d'où est venue cette fiction de "froid" entre les deux pays. Bien au contraire, les deux pays n'ont jamais autant coopéré au profit des populations. De nombreuses actions concrètes dans des secteurs variés peuvent prouver la vitalité de cette coopération. Tant et si bien que le Togo a été désigné (avec d’autres) comme faisant partie des priorités de la France en matière d’appui. La collaboration constante dans le cadre du conseil de sécurité et dans le cadre de l’opération au mali confirme aisément les vues communes des deux pays.
Pour le reste, il est naturel, voire vital que le Togo diversifie ses partenariats ne serait-ce que parce que ce serait dommage de ne pas saisir toutes les opportunités qui se présentent et qu'il serait également injuste de faire porter sur la seule France une éventuelle aide au développement.  Ces choix sont compris partout y compris à paris et dans tous les cas, le Président Faure se fixe un cap : ne s'engager que dans des partenariats réellement bénéfiques et c'est cet état d'esprit qui surprends une partie des pseudo analystes.
Il faudra s'habituer : si la préoccupation de certains reste "Que pense la France" ? Celle du Président et de son gouvernement reste "Qu'est ce qui profite aux togolais ?". Vous avez dit changement?
JEROME LEVEILLE

FAURE GNASSINGBE INVITE EN FRANCE DU 13 AU 15 NOVEMBRE 2013



  REFORMES AU TOGO  ET  COOPERATION RENFORCEE AVEC LA FRANCE
Après une première rencontre en septembre 2012 à New York, en marge des travaux de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président français François Hollande accueille à l’Elysée le Chef de l’Etat togolais, Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé. Un an plus tôt, les deux chefs d’Etat avaient mis à profit leur tête-à-tête à New-York, épicentre de la diplomatie  multilatérale, pour échanger  longuement sur l’état du monde. La situation au Sahel et en particulier la crise malienne ainsi que la lutte contre le terrorisme et la piraterie maritime avaient été au cœur  de leurs préoccupations.
La visite du Président Faure Gnassingbé à l’Elysée en ce mois de novembre 2013,  se situe dans le prolongement naturel de cette première rencontre et vient ainsi consacrer une nouvelle étape dans le développement des liens séculaires qui unissent  le Togo à la France.
Cette visite intervient dans un contexte particulier.
En effet les réformes lancées depuis 2005 au Togo se poursuivent à un rythme soutenu. Elles portent déjà des fruits notamment dans le domaine de la gouvernance politique et économique.
Le passage du Président togolais à l’Elysée a également pour toile de fond, la bonne santé des relations de coopération entre la France et le Togo . Jamais totalement rompues, même aux heures les plus difficiles de la crise socio-politique que le Togo a connue au début des années 90, la coopération entre les deux pays est aujourd’hui au beau fixe.

TOGO, UN PAYS EN PLEINE REFORME
Le succès des élections législatives du 25 juillet 2013, organisées dans un climat consensuel et de totale transparence  est sans doute l’une des manifestations les plus récentes de l’évolution positive  que connaît  le chantier de la démocratie au   Togo.
Amorcées depuis 2005, les réformes ont permis d’apaiser le climat politique, d’ouvrir le jeu politique et de faire rentrer le Togo dans une ère d’élections apaisées.
L’apaisement du climat politique est le fruit du processus de réconciliation nationale qui a pris un tournant décisif avec la création le 29 mai 2009 d’une Commission Vérité Justice et Réconciliation. Le Président Faure Gnassingbé avait donné d’énormes chances de succès à cette Commission en portant à sa tête un prélat, Mgr Barrigah, évêque d’Atakpamé.
Fait chevalier  de la Légion d’honneur en octobre 2013 pour le rôle éminent joué dans le processus de réconciliation nationale, Mgr Barrigah a mis ses qualités d’homme d’église et de diplomate au service d’une institution qui a sillonné tout le Togo pour panser les cœurs des victimes des violences  à caractère politique et des violations des droits de l’homme que le Togo a connues entre 1958 et 2005.
Aujourd’hui, la mise en œuvre des recommandations formulées par la CVJR suit activement son cours. En aout 2013, le Ministère des  droits de l’homme a été nommément  chargé, lors de la formation d’un nouveau gouvernement, de veiller à la mise en œuvre effective des recommandations qui sont contenues dans son rapport final.
L’apaisement politique dont jouit aujourd’hui le pays, n’aurait pas été possible sans une politique active de « main tendue » visant à transcender les clivages politiques pour mobiliser tous les Togolais dans l’œuvre de réconciliation et de reconstruction nationale.
L’ouverture politique amorcée en 2005 a pris un relief particulier en 2010,  notamment avec la signature d’un accord de gouvernement qui a permis au principal parti d’opposition, l’Union des forces de changement(UFC) ainsi qu’à d’autres formations politiques de faire leur entrée au Gouvernement.
L’ouverture politique s’est également manifestée par une série de réformes institutionnelles engagées dans le droit fil de l’Accord politique global(APG) signé en 2006. Cet accord  avait jeté les bases d’une refondation profonde de la vie politique au Togo.
Les grandes institutions de la République ont été ou sont en voie de réaménagement pour permettre aux représentants des différents courants de la vie politique d’y siéger et d’y faire valoir la diversité des opinions.
Il en va ainsi de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication, de la Commission nationale des droits de l’homme, de la Cour constitutionnelle, etc, etc.
Dans sa déclaration de politique générale présentée devant
L’Assemblée nationale en septembre 2013, le Premier ministre togolais Monsieur Séléagodji Ahoomey-Zunu avait réitéré la ferme volonté du Gouvernement de poursuivre et de parachever les réformes institutionnelles et constitutionnelles nécessaires à l’ancrage de la démocratie et de l’Etat de droit au Togo.

En matière électorale, le Togo  a organisé depuis 2007,  avec un succès unanimement reconnu, trois scrutins de grande envergure. Il s’agit des élections législatives de 2007, de l’élection présidentielle de 2010 et des élections législatives de 2013.
Ces trois grands rendez-vous électoraux se sont déroulés sans violence et dans un  climat consensuel même si certaines formations usent systématiquement de leur droit de contester les résultats. Ce droit s’exerce au demeurant dans l’indifférence générale.
Mais d’année en année, la machine électorale s’est de l’avis général affinée au Togo. Le code électoral est constamment réaménagé au lendemain de chaque scrutin, notamment pour tenir compte des recommandations des missions électorales.
Un nouveau découpage électoral a même été acté en 2013.
Au total le Togo est entré depuis 2007 dans une ère d’élections apaisées qui créé un climat propice à la poursuite des efforts de relance économique.
Le train des réformes économiques a parallèlement permis de changer radicalement  les schémas de la gouvernance. Les efforts d’assainissement de l’économie ont été couronnés par l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés(PPTE) en décembre 2010.
Depuis lors, le Togo a regagné la confiance des bailleurs de fonds et a accéléré dans la foulée son programme de relance économique. La stratégie accélérée de croissance pour l’emploi(SCAPE) qui en est le nouveau cadre met un accent tout particulier sur l’émergence économique qui s’appuie sur divers projets structurants notamment dans le domaine des infrastructures. Elle accorde également une place importante à la santé, l’éducation, à l’accès à l’eau potable et l’assainissement, autant de domaines dans lesquels, le partenariat avec la France a contribué à la réalisation de projets concrets au profit des populations togolaises.

FRANCE TOGO, 50 ANS DE COOPERATION AGISSANTE
Les réformes politiques et économiques en cours au Togo ont eu le don de rassurer les partenaires au développement dont la plupart avaient pris leur distance en raison des incertitudes que créait un processus de démocratisation particulièrement difficile.
La France qui n’avait jamais rompu complètement a été la première à reprendre sa coopération avec le Togo. Les deux pays sont donc engagés dans un partenariat traditionnel qui a surmonté l’épreuve du temps.
Au moment où le Président Faure Gnassingbé rencontre le Président François Hollande à l’Elysée, la coopération franco-togolaise vient de franchir tout juste le cap symbolique des  cinquante années. C’est en effet le 10 juillet 1963 que le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République togolaise ont signé leurs tout premiers accords de coopération.
 Cette  coopération qui s’est diversifiée au fil des ans s’effectue aujourd’hui le long de trois axes majeurs : la défense et la sécurité, l’appui au développement et le social.
Coopération en matière de défense et de sécurité
En mars 2009, le Togo a été le tout premier pays africain à réviser son accord de défense avec la France, conformément aux nouvelles orientations définies par Paris. Désormais, les relations entre les deux pays dans le domaine de la défense sont guidées par les principes de base que sont la transparence, la réciprocité, la concertation, le respect mutuel et la sécurité collective.
C’est à travers ce  cadre rénové et  adapté au nouveau contexte international que le Togo et la France effectuent périodiquement des exercices mutuels d’entrainement à la manœuvre dans les eaux togolaises ainsi que des échanges d’expériences professionnelles. Le dernier exemple de ce type de manœuvres remonte à septembre 2013, lors de l’escale de la frégate de surveillance Germinal dans le port de Lomé.
Des exercices de simulation de lutte contre la piraterie maritime ont été également menés au large des côtes togolaises en mars 2013, lors de l’escale du bâtiment de protection et de commandement le Mistral.
La lutte contre le trafic des stupéfiants est devenue ces dernières un domaine de prédilection pour la coopération entre la France et le Togo.
Le service de sécurité de l’Ambassade de France au Togo s’est ainsi beaucoup investi pour le renforcement des capacités des gendarmes, policiers, douaniers et autres auxiliaires  de  justice togolais, en matière de conduite des auditions des trafiquants présumés.
Compte tenu des proportions importantes que prend la cybercriminalité, la Cellule cybercriminalité de la Direction centrale de la Police judiciaire bénéficie régulièrement de modules de formation dispensés par des experts français.
Coopération au développement
La coopération au développement a pour principal canal d’intervention l’Agence française de développement.
Aujourd’hui l’AFD intervient au Togo par délégation de fonds de l’Union européenne à travers le programme d’aménagement urbain du Togo (PAUT) qui vise à assainir les quartiers Est de la ville de Lomé, déclarés zones vulnérables en raison des fréquentes inondations qui y sont enregistrées.
L’AFD a subventionné le PAUT à hauteur de 8,5 milliards de FCFA (13 millions d’euros) notamment pour la lutte contre les inondations et la gestion des déchets solides.
Par ailleurs L’AFD a subventionné grâce à une convention signée en août 2011 l’exécution du programme de développement communautaire des quartiers vulnérables urbains et périurbains  de Lomé à hauteur de 3,3 milliards de FCFA (cinq millions d’euros). Ce programme vise à améliorer les conditions de vie des habitants de ces quartiers et à faciliter leur accès aux services essentiels.
Démarré en 2007, sur un financement de l’Union européenne d’un montant total de 13,9 milliards de FCFA, le Programme d’aménagement urbain du Togo connaît un franc succès.
Une convention de financement pour le démarrage de la seconde phase a été signée en 2013 et devra permettre de mobiliser 28,3 milliards de FCFA soit 43 millions d’euros.
En 2009, l’AFD a bénéficié d’une délégation de fonds de l’Union européenne pour la mise en œuvre du programme d’appui à la sécurisation des élections présidentielles de 2010 au Togo pour un montant total de 3,5 millions d’euros.
Globalement l’aide publique au développement de (APD) accordée par la France au Togo en 2012 s’élève à 28,56 millions de USD, soit 6,56% de l’aide totale octroyée au Togo. Ce qui place la France au 6e rang du classement des principaux partenaires au développement. Il s’agit par ordre d’importance de la Chine, la CEDEAO, la Banque mondiale, le système des nations Unies, l’Union européenne, la France, le Groupe de la Banque africaine de développement, les ONG internationales, la Banque islamique de développement et les Etats Unis d’Amérique.
Il faut noter que l’aide française au développement prend généralement la forme de dons de l’AFD qui s’élèvent à 27,406 millions USD pour 2012 alors que la Chine et la BIDC par exemple interviennent en priorité à travers les prêts concessionnels.
Autre détail important, l’AFD a accordé au Togo en 2012 un Appui global budgétaire de 0,60 millions USD, ce qui dénote de la confiance qui règne entre les deux partenaires.
Au-delà de l’Aide publique au développement, il faut signaler que depuis 1996, la France appuie la société civile togolaise à travers le Fonds Social de Développement  devenu Fonds d’appui aux sociétés civiles du Sud (FASCS).
Ainsi de 1996 à 2011 plus environ 5 milliards de FCFA soit 8,31 millions d’euros ont été mobilisés pour promouvoir des initiatives locales et innovantes portées par les acteurs de la société civile.
La visite du Président Faure Gnassingbé à l’Elysée intervient donc dans un climat favorable qui devrait permettre aux deux pays d’intensifier leurs relations bilatérales et d’approfondir une large panoplie de liens tissés par l’histoire.